30% de boursiers en Grandes Ecoles?

Categorie(s): Tribune No Comment !

Une grande polémique secoue actuellement le monde éducatif et politique français suite à l’expression du « refus d’un quotat de 30% de boursiers » dans les Grandes Ecoles, exprimé par la Conférence des Grandes Ecoles. Plutôt que de prendre position directement sur cette question du quotat (qui semble d’ailleurs ne pas en être une, le gouvernement ayant estimé que les 30% sont un objectif pas un quotat…) nous préférons souligner l’importance de la diversification des modes de recrutements dans les filières d’excellence.

Loin de nous l’idée de créer des « passe-droit » pour des jeunes issus de milieux défavorisés, qui seraient « moins bons » et auraient besoin qu’on abaisse pour eux les critères d’entrée. Au contraire nous devrions plutôt nous placer dans une autre perspective. Le mode de recrutement ne permet pas de recruter toute la diversité des compétences dont la France a besoin au sein de ses élites.

Nos élites sont toutes formées sur un même moule social et scolaire en amont des grandes écoles. Même moule scolaire car la voie principale d’accès aux GE est la prépa. Moule social car la diversité sociale est encore trop faible dans les années précédant les GE. La mission de diversification des élites repose donc sur deux piliers : une ouverture en amont des GE pour offrir un vivier de recrutement potentiel élargi et une ouverture du mode de recrutement des GE à cette nouvelle diversité.

Des actions nombreuses ont été mises en place pour élargir la diversité sociale dans les prépas et les premières années universitaires. Mais ne faisons pas erreur. Nous ne devons pas pour autant « normaliser » la jeunesse qui accède à ces formations pour qu’elle corresponde aux critères de sélections des GE, qui sont biaisés socialement et culturellement.

D’ailleurs plutôt que de penser en termes de quotat de boursier, pourquoi ne changeons-nous pas de point de vue en se donnant pour objectif la diversité des compétences, des cultures, des origines ? Certes cela sera plus difficile à « quantifier », mais si l’objectif était atteint, pas de doute que nous en ressentirions les effets.

Nous appelons donc à une vraie réflexion sur la diversification des compétences recherchées auprès des jeunes en amont des GE, sur la multiplication des voies d’entrée. D’ailleurs cette réflexion pourrait être étendue aux Universités. Ne devrions-nous pas aussi diversifier leurs voies d’admission?

Et cette diversification (en GE, et à l’université) pourrait tout à fait se faire uniquement sur des critères de compétences bien pensés, sans avoir à prendre en compte des critères sociaux.

Tim, Leïla et Livio

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