Visite et rencontre à l’exploratorium

Categorie(s): Ressources No Comment !

Grâce aux contacts de Matteo, nous avons été rencontrer avec Livio les gens de l’exploratorium de San Francisco. On voulait vous raconter quelques éléments intéressants pour la science ac.

L’exploratorium a une grande réputation dans la communauté de la culture scientifique. On n’est pas déçus par le résultat, en effet toutes les expositions sont entièrement interactives et hands-on. L’interrogation et la recherche autonome de réponses sont vraiment au coeur de ce musée. Certaines manip auraient besoin d’être rénovées mais cela sera fait bientôt, car le musée déménage dans 10 jours!  On a retrouvé des manips connues mais bien conçues pour que les gens les comprennent et les fassent eux-même. Il y a d’ailleurs très peu de texte explicatif à côté des manips. C’est vraiment réussi. Ils ont aussi un grand espace dédié aux recherches en sciences sociales et cognitives (comment lit-on les émotions sur un visage par exemple). D’ailleurs l’exploratorium se définit comme un espace sur l’art, la science et la « perception ».

D’un point de vue design du lieu, tous les bureaux des équipes du musée ont des fenêtres ouvertes sur l’espace de vsite. Les espaces de construction des expos sont dans le musée, visibles par le public, à peine séparés par une vitre. C’est une zone très active, surtout à quelques jours du déménagement du musée. Il est intéressant de souligner que cet esprit « open » remonte à l’ouverture de l’exploratorium.

La partie qui nous a le plus intéressé est leur programme de jeunes « science explainers » dont nous avons rencontré la responsable, Robyn Higdon, grâce à l’entremise de Matteo. A l’exploratorium, ils ont une partie de leur explainers qui non seulement sont des ados mais en plus sont recrutés sur critères sociaux. La plupart sont en « high-school », certains dans des « community collèges », d’autres ne sont pas ou plus scolarisés. Certains sont en grande difficulté (SDF, prison, problèmes familiaux lourds…). La comparaison avec le programme Science Ac est difficile à faire car aux USA les différences sociales et ethniques sont plus marquées que chez nous, en l’absence de tout système public de « ré-équilibrage » social. Malgré ces différences, leur programme a une philosophie très proche de la notre. Et de ce que nous connaissons et de ce qu’ils connaissent, la Science Ac et l’Exploratorium sont les seuls au monde à proposer à des jeunes d’être médiateurs scientifiques, et en plus des jeunes recrutés sur critères sociaux.

L’un des principaux objectif est de donner un premier job dans l’environnement accueillant et stimulant de l’exploratorium et ainsi de faciliter leur insertion. Les résultats sont assez bons en 6 mois 99% des jeunes retournent dans le système scolaire (principalement comunity-college).  Leur séjour dans le programme dure de 3 mois à 2 ans. Ils sont rémunérés.

D’un point de vue médiation scientifique, ces jeunes sont formés mais toutefois vu leur background on voit clairement qu’ils sont loin d’être passionnés par les sciences. Ils ne sont pas des super médiateurs scientifiques et restent très timides face au public du musée. Ils bossent sur l’ensemble du musée (pas dédiés à un espace spécifique). La direction assume pleinement ces choix même face au public qui vient se plaindre de leur comportement ou du manque de qualité scientifique. Pour Robyn, le but du programme est social, et les critères d’évaluation doivent être conçus au regard de cet objectif. Pour le public du musée, c’est une fenêtre sur la diversité de la société américaine, c’est l’occasion d’une rencontre. Cela tend à rapprocher l’Exploratorum du Bloomfield à Jerusalem qui fait en sorte de rassembler la diversité des populations de la ville, et qui leur donne l’occasion de partager un même lieu, une même visite. Les moindres performances de médiation scientifique ne sont pas un problème car les expo n’ont que très peu besoin de médiateurs.  Leur rôle est seulement de discuter sur demande des visiteurs. De partager et prolonger la question plutôt que de donner une réponse.

L’insertion sociale est donc leur premier but: offrir un job et donner goût à l’apprendre, à des formes d’apprendre basée sur la curiosité, chose rare dans des écoles publiques délaissées.  Ce qui est intéressant c’est qu’ils rencontrent des difficultés similaires aux nôtres quant à la connexion à faire entre le temps passé dans l’environnement protecteur du programme et le « retour à la réalité ». L’insertion professionnelle tout comme la prolongation des études se heurtent à une déception lorsque les jeunes découvrent des rapports humains moins respectueux ou des modes d’apprentissages qui ne sont pas basés sur la curiosité et le questionnement. Un autre similitude réside dans le malaise qui peut être ressentis par certains lorsqu’ils découvrent la mission « sociale » que se donne le musée (certains diraient la discrimination positive qui est pratiquée) après avoir pensé être recruté uniquement sur des compétences.

Après cette visite nous resterons en contact avec plusieurs personnes de l’Exploratorium. Ils nous ont promis de partager avec nous les résultats d’études en cours sur l’impact d’ateliers de tinkering réalisés avec des enfants de quartiers défavorisés. Aussi nous espérons pouvoir peut-être un jour faire des échanges de jeunes médiateurs scientifiques des programmes Science Ac et de l’Exploratorium!

Livio et Leïla

Education, science et société: ressources bibliographiques

Categorie(s): Ressources No Comment !

Depuis peu, quelques partenaires sur le projet européen SiS Catalyst mettent à disposition sur internet leurs bibliographies sur ces sujets.

A découvrir, lire et suivre…

http://zootool.com/user/siscatalyst/

Communication et globalisation: les limites du ‘tout anglais’

Categorie(s): Tribune No Comment !

L’institut des Sciences et de la Communication (ISSC) du CNRS organisait le 14 novembre dernier une conférence sur le thème des enjeux de la diversité linguistique.
A cette occasion, quelques théoriciens et théoriciennes se sont penchés sur le sujet. Du mythe avoué de l’anglais comme lingua franca des temps modernes à la nécessite de faire de la traduction la première industrie de la mondialisation, une brèche s’est ouverte autour du rôle de la science sur ce sujet transdisciplinaire et délicat.

En témoigne l’intervention de François Vazeille, physicien au CERN de Clermont-Ferrand.

A la question préalable « Faut-il sauver l’anglais? », le constat de cette présentation s’impose rapidement: l’anglais représente l’instrument linguistique privilégié. D’ailleurs, faut-il s’en étonner dans un contexte international comme celui du CERN? Les arguments sont imparables: un collisionneur de particules à cheval sur deux pays, plus de 100 nationalités et langues, 200 publications en 2 ans par quelques 2,000 chercheurs. Ces chiffres parlent donc d’eux mêmes.

Qu’est ce qui vient donc nous interpeller dans cette présentation? Est-ce l’interrogation: est-ce que la langue anglaise influe sur la démarche scientifique?
Le bagage linguistique nécessaire nous cantonne, dans la majorité de nos interactions en langue étrangère, à n’utiliser que 300 à 400 mots. La parade est donc simple, à défaut de parler juste, il faudrait donc se contenter du parler bien.

A défaut de pouvoir étayer plus qu’il n’en a déjà été proposé lors de cette présentation, on peut, dès lors, rebondir sur la responsabilité scientifique face à la diversité linguistique. Est ce que la science, sous toutes ses coutures, est dangereuse pour l’interculturalité?

Allocution de Dominique Wolton, directeur de l’ISSC

Les différents arguments soulevés par Dominique Wolton -contextualisation de l’échange, rapports de force, influence du modèle dit des sciences dures, disparition de certaines langues…- nous ramènent donc au sujet de cette journée. Devons-nous instaurer des limites au ‘tout anglais’? Quelles seraient-elles dans un contexte de globalisation toujours plus prégnant? Quelles responsabilités la communauté scientifique peut-elle endosser, souhaite-t-elle assumer?